Les petites curiosités
Les petites curiosités - Découverte du patrimoine

Les petites curiosités

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La plus vieille horloge publique de Paris, située sur l'Île de la Cité

La plus vieille horloge publique de Paris

En 1371, sur l’Île de la Cité à Paris, on installe une grande horloge sur la tour carrée du palais royal, aujourd’hui appelée Tour de l'Horloge. Le roi Charles V veut offrir aux parisiens la première horloge publique.

À l’époque, c’est une nouveauté. Pour la première fois, l’heure ne dépend plus seulement des cloches des églises ou de la position du soleil. Les habitants peuvent lever les yeux et lire le temps sur un cadran visible depuis la rue.

Au XVIᵉ siècle, l’horloge est embellie avec un décor doré et des symboles royaux. Pendant la Révolution, certains emblèmes sont abîmés, mais l’horloge reste en place.

Aujourd’hui encore, elle fonctionne. Elle rappelle que, depuis plus de six siècles, Paris vit au rythme de cette même tour.

La Maison d'Adam, Angers

Imaginez-vous marcher dans les rues d’Angers. Vous voyez apparaître les deux tours de la cathédrale St-Maurice et là, place Ste-Croix, apparaît comme un oasis au milieu du désert, une maison à colombage, La Maison d’Adam.

Construite à la fin du XVème siècle par un riche apothicaire, ses façades à pans de bois se couvrent de personnages étranges, drôles, parfois inquiétants. Regardez bien : ici un musicien, là un acrobate, plus haut un animal grimaçant… et surtout Adam et Ève, figés pour l’éternité, rappelant le péché originel au cœur même de la cité.

Depuis plus de 530 ans, la maison d’Adam voit défiler les Angevins : marchands du Moyen Âge, révolutionnaires pressés, passants rêveurs, touristes curieux. Elle a traversé les guerres, les incendies, les modes et le temps, parfois abîmée, toujours réparée, jamais oubliée.

Le Pont de l'Alleud

Au Moyen-Âge, il y avait un village paisible. Puis le train est arrivé et pour relier Angers (49) à Niort (79), il a fallu franchir le plus long fleuve de France, j’ai nommé la Loire.

On bâtit alors en seulement 3 ans, un géant. 600 mètres de long, 17 arches, avec une portée principale de 30 mètres.

Jusqu’à la 2nd Guerre mondiale, le pont subit les crues et les glaces mais en juin 1940, l’armée française fit sauter quelques arches pour ralentir les Allemands. Il fut reconstruit en 1942. En 1944, les alliés le bombardèrent à sept reprises. Il fut reconstruit en avril 1946, comme nous le connaissons aujourd’hui.

La Fontaine de Médicis

Commandée vers 1630 par Marie de Médicis, cette fontaine est l'un des joyaux du Jardin du Luxembourg. Lassée des intrigues du Louvre, la reine souhaitait retrouver à Paris l'atmosphère des jardins de son enfance florentine.

Initialement conçue comme une grotte italienne, elle fut déplacée pierre par pierre en 1862 lors des travaux d'Haussmann. C'est à cette époque qu'on lui ajouta son célèbre groupe sculptural : Polyphème surprenant la nymphe Galatée dans les bras du berger Acis.

Aujourd'hui, son long bassin ombragé de platanes en fait l'un des lieux les plus romantiques et paisibles de la capitale, ayant inspiré de nombreux artistes comme Victor Hugo ou Musset.

La Petite Ceinture de Paris

D’abord réservée aux marchandises puis aux voyageurs, la Petite Ceinture est une ligne de chemin de fer circulaire de 32 kilomètres qui entourait Paris. Construite sous Napoléon III entre 1852 et 1869, elle permettait de relier les grandes gares parisiennes entre elles.

Elle connaît son apogée lors de l'Exposition Universelle de 1900, transportant jusqu'à 39 millions de voyageurs. Mais le métropolitain arrive et la dépasse : les Parisiens la délaissent au profit du métro et du bus, plus rapides et plus accessibles. Elle ferme progressivement ses portes aux voyageurs en 1934. Longtemps restée un territoire "interdit" aux mains des graffeurs et des explorateurs urbains, elle est aujourd'hui réhabilitée par tronçons en jardins suspendus et en promenades insolites.

La Station Concorde

La station Concorde du métro parisien se distingue par une originalité rare dans le réseau : ses murs sont recouverts de milliers de carreaux bleus sur lesquels sont gravées des lettres collées les unes aux autres. Ces lettres ne sont pas disposées au hasard et ne forment pas un simple motif décoratif. Elles composent en réalité un texte continu, sans espace ni ponctuation, intégralement inscrit dans la pierre.

Ce texte, peu lisible en une seule lecture, est la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, l’un des fondements de la République française. Depuis les années 1990, cette déclaration accompagne quotidiennement les usagers de la station, transformant un lieu de passage en un espace de mémoire. L’ensemble de cette installation a été imaginé et réalisée par l’artiste Françoise Schein, qui a choisi de faire émerger les mots des droits de l’homme directement des murs de la station, au fil des quais.

Située sur la place de la Concorde, l’une des plus emblématiques de Paris, la station est entourée d’autres lieux marqués par l’histoire, comme le Jeu de Paume, ancien tribunal révolutionnaire, devenu aujourd’hui un centre dédié à l’image et à la photographie. Ensemble, ces lieux racontent à leur manière les grandes pages de l’histoire française, entre révolution, droits de l’homme et mémoire collective.

Pourquoi "Les petites curiosités" ?

L'Histoire commence sur les remparts de Langres en Haute-Marne. Un homme connu sous le nom d'Obélix fait visiter la ville fortifiée à un groupe de jeunes. À chaque coin de rue, une anecdote commence par :

« Et là, petite curiosité, vous pouvez apercevoir sur la façade, une pierre tombale ! Et oui, en fait ici on manquait de place, donc on a déplacé le cimetière et les pierres qui restaient, on les a utilisées pour construire la maison... On continue ! »

Chaque rue ou bâtiment avait donc droit à sa curiosité, et ainsi de suite... C'est de cette passion pour les détails cachés et les histoires insolites de notre patrimoine qu'est née cette série.

🏰 Châteaux & Trésors

La Tenture de l'Apocalypse, Angers

Commandée à la fin du XIVe siècle par Louis Ier d'Anjou, la Tenture de l'Apocalypse est le plus important ensemble de tapisseries médiévales subsistant au monde. Longue de 140 mètres à l'origine (100 aujourd'hui), elle illustre le texte de saint Jean, mais reflète aussi les tourments de son époque : la Guerre de Cent Ans et la peste noire.

Ce chef-d'œuvre de l'art médiéval, tissé à Paris dans les ateliers de Nicolas Bataille, est remarquable pour sa technique "sans envers", rendant l'envers aussi beau que l'endroit. Conservée au Château d'Angers, elle est inscrite au registre "Mémoire du monde" de l'UNESCO depuis 2023.

La tapisserie de Bayeux est célèbre, celle d'Angers est monumentale.

La véritable histoire de la Croix de Lorraine

C'est l'un des symboles les plus puissants de l'histoire de France. Emblème de la France Libre du Général de Gaulle durant la Seconde Guerre mondiale, dressée face à la croix gammée nazie, la croix à double traverse est universellement connue sous le nom de « Croix de Lorraine ». Pourtant, son histoire commence bien plus tôt, et bien plus au sud... en Anjou !

Tout débute au XIIIe siècle, lorsqu'un croisé angevin, Jean d'Alluye, rapporte de Terre Sainte une relique exceptionnelle de la Vraie Croix. Cette relique, taillée dans une forme de croix à double branche (la branche supérieure, plus courte, représentant l'inscription INRI), est confiée à l'abbaye de la Boissière en Anjou. Devenue un objet de dévotion immense, elle est bientôt acquise par les ducs d'Anjou, qui en font leur symbole dynastique sous le nom de « Croix d'Anjou ». Elle figure alors fièrement sur leurs sceaux, leurs bannières, et est même représentée à plusieurs reprises sur la célèbre Tenture de l'Apocalypse d'Angers.

Mais alors, comment cette croix angevine est-elle devenue lorraine ? Par le jeu des alliances et des héritages ! En 1431, René d'Anjou (le célèbre Roi René) devient duc de Lorraine par son mariage avec Isabelle de Lorraine. Il apporte avec lui son emblème fétiche. Quelques décennies plus tard, en 1477, son petit-fils René II fait face au redoutable Charles le Téméraire lors de la décisive bataille de Nancy. Pour rallier ses troupes, le duc fait peindre la croix à double traverse sur les bannières de ses soldats. Après la victoire éclatante qui scelle le destin du duché, le symbole est définitivement adopté par les Lorrains, qui lui donnent leur nom.

Ainsi, de l'Anjou médiéval aux combats de la France Libre, cette croix aura traversé les siècles et les territoires. Un magnifique rappel que les symboles les plus célèbres cachent parfois des voyages inattendus au cœur de nos provinces françaises.

Édifices religieux

L'Abbaye Saint-Germain-des-Prés

Dans le VIème Arrondissement de Paris, se cache une merveille. La plus ancienne église de Paris, l’Abbaye de St-Germains des prés, fondé le 23 avril 558 par le roi mérovingien Childebert Ier troisième des quatre fils de Clovis.

C'est une abbaye royale, qui bénéficie donc d'une exemption et est directement soumise au pape. Elle est nécropole royale jusqu'à la création de la basilique de Saint-Denis (93). Les reliques de saint Germain y sont vénérées, mais plus aucune sépulture médiévale ne subsiste à ce jour.

La Révolution apporte la suppression de la totalité des abbayes en France. L'église devient bientôt une manufacture de salpêtre (produit notamment utilisé pour la fabrication de la poudre à canon). Le culte n'y est rétabli que le 29 avril 1803. L’église devient exclusivement paroissiale.

Entre 1821 et 1854, l'église est restaurée par les architectes Étienne-Hippolyte Godde et Victor Baltard. Elle est classée aux monuments historiques en 1862, et les vestiges de l'abbaye sont inscrits en 1953.

L'Église Saint-Étienne-du-Mont

Dominant la montagne Sainte-Geneviève, l'Église Saint-Étienne-du-Mont est intimement liée à l'ancienne et puissante Abbaye Sainte-Geneviève, fondée par Clovis au VIe siècle. La chapelle de l'abbaye étant devenue trop exiguë, il fut décidé de construire cette majestueuse église paroissiale juste à côté. Si l'abbaye a en grande partie disparu à la Révolution, Saint-Étienne-du-Mont a traversé les siècles.

À l'intérieur, elle est célèbre pour abriter le seul jubé subsistant dans la capitale, une véritable dentelle de pierre finement sculptée. Cette tribune monumentale servait autrefois à séparer le chœur (réservé au clergé) de la nef (destinée aux fidèles), tout en permettant de proclamer l'Évangile en hauteur pour être entendu de tous.

L'édifice honore également sainte Geneviève, la sainte patronne de la capitale. Au Ve siècle, cette figure protectrice rassura les Parisiens et sauva la ville de l'invasion des Huns d'Attila. Bien que ses reliques originelles aient été détruites à la Révolution, le sarcophage de pierre y est toujours vénéré. Son architecture hybride, mêlant le gothique flamboyant aux ornements de la Renaissance, en fait l'un des lieux les plus gracieux de la Ville Lumière.

L'Abbaye Royale de Nieul-sur-l'Autise

Fondée en 1068, l’abbaye de Nieul‑sur‑l’Autise est un joyau royal niché au cœur de la Vendée. Ici, vous découvrirez le seul cloître roman de tout l’Ouest encore intact : église, bâtiments et cloître, tout semble figé comme au Moyen Âge. Même la Révolution française, qui n’a pourtant pas épargné la région, n’a pas eu raison d’elle. Vendue comme bien national, elle devient une exploitation agricole… mais reste debout.

Derrière ce statut royal se trouve une femme hors norme : Aliénor d’Aquitaine. Duchesse d’Aquitaine, reine de France, puis reine d’Angleterre, elle est l’une des femmes les plus puissantes de son temps. L’abbaye est intimement liée à sa famille : sa mère Aénor y est enterrée, et certains historiens pensent qu’Aliénor y serait même née.

C’est en 1141, alors qu’elle est reine de France, qu’elle lui accorde son titre d’Abbaye Royale, mêlant à jamais foi, pouvoir et histoire. Une abbaye marquée par la main d’une reine qui a bouleversé l’histoire du royaume, nichée aux portes du Marais Poitevin.

L'Église Saint-Ignace

Cachée derrière un immeuble moderne de la rue de Sèvres, l’église Saint-Ignace est l’une des plus discrètes de Paris. Construite entre 1855 et 1858 par les Jésuites, elle témoigne de leur volonté de discrétion à une époque où leur présence était encore fragile en France.

À l'intérieur, ses dimensions symboliques (33m de haut en référence à l’âge du Christ) et ses douze chapelles latérales dédiées aux apôtres contrastent avec son invisibilité depuis la rue. Récemment rénovée, elle a intégré des « Verres de Lumière » dans son chœur, créant un espace spirituel baigné d'une clarté nouvelle, orchestrée par l'artiste verrier Pierre Buraglio.

Véritable havre de paix au cœur du 6e arrondissement, elle reste aujourd'hui un secret bien gardé des parisiens, accessible seulement à ceux qui osent pousser la porte du 33 rue de Sèvres.

La Chapelle Sainte-Barbe-des-Mines

Sainte Barbe est la patronne du feu et des explosions, protectrice des mineurs, artificiers et autres travailleurs du feu et de la terre. C'est donc sous son patronage que la comtesse Élisabeth de Las Cases décida, en 1854, d'ériger un lieu de culte au cœur du bassin houiller de la Corniche Angevine, à la mémoire de son époux Emmanuel, qui avait donné un bel essor aux mines de charbon locales. Le 30 septembre 1860, après deux ans de travaux, la chapelle fut bénie et inaugurée. Elle offrait enfin aux « Gueules Noires » de Chaudefonds, Chalonnes ou Saint-Aubin-de-Luigné un lieu de prière proche de leur labeur, à la mine des Malécots.

Unique dans l'Ouest de la France, l'édifice est de style romano-byzantin, avec deux tourelles coiffées de clochetons ajourés encadrant un pignon pointu surmonté de la statue de sainte Barbe, statue dont la tête fut fusillée en 1945 par un soldat français, gardien de prisonniers allemands, qui s'attaqua également aux deux croix des tourelles. Un épisode qui illustre bien le sort chaotique de l'édifice au fil des décennies. En 1982, un permis de démolir est même déposé, avant qu'un sursaut collectif d'élus et de bénévoles ne sauve la ruine et n'entreprenne sa restauration sur près de vingt ans. La statue, comme la chapelle, a depuis retrouvé toute sa dignité.

L'Abbaye de Maillezais

Fondée au Xe siècle par Emma d'Aquitaine sur une île du golfe des Pictons, l'abbaye Saint-Pierre de Maillezais s'est développée pour devenir un centre spirituel, économique et intellectuel majeur du Marais Poitevin. Érigée au rang de cathédrale en 1317, elle a rayonné pendant des siècles, accueillant même l'écrivain François Rabelais lors de la Renaissance.

Au fil du temps, le site a revêtu de multiples visages. D'abord haut lieu de la chrétienté, l'abbaye s'est transformée en forteresse défensive lors des guerres de Religion sous l'impulsion du chef protestant Agrippa d'Aubigné. Abandonnée puis vendue comme bien national à la Révolution, elle servit un temps de carrière de pierres avant que ses ruines majestueuses ne soient préservées.

Aujourd'hui, ses vestiges monumentaux, mélangeant art roman, gothique et Renaissance, se dressent fièrement au-dessus des canaux du marais. Ils offrent un témoignage saisissant de l'histoire mouvementée de la région, mêlant la puissance des ducs d'Aquitaine et la poésie silencieuse des ruines éternelles.

Le Saint-Sépulcre d'Angers

C'est une curiosité insolite que l'on ne s'attend pas à trouver dans un quartier résidentiel d'Angers. Construit en 1935 sous l'impulsion de Monseigneur Henri Potard, le Saint-Sépulcre d'Angers est un mémorial unique en Europe : une réplique fidèle, à l'échelle et dans les moindres détails, de la rotonde de la basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Monseigneur Potard, prélat angevin passionné par la Terre Sainte où il effectua plus de 70 pèlerinages, souhaitait offrir aux fidèles ne pouvant faire le voyage une immersion totale dans les lieux saints. L'édifice, une rotonde monumentale en béton armé de 22 mètres de haut, abrite l'édicule du tombeau du Christ ainsi qu'un diorama reproduisant les paysages de Jérusalem. De nombreux objets et matériaux décoratifs ont été rapportés directement d'Orient pour garantir l'authenticité de l'expérience.

Aujourd'hui entretenu avec dévotion par la congrégation des Servantes des Pauvres, ce lieu de silence et de prière reste une pépite méconnue du patrimoine angevin, transportant chaque visiteur à des milliers de kilomètres, entre les murs d'une propriété discrète du quartier des Justices.

La prochaine curiosité à découvrir mercredi prochain!